Le Noël Arménien du 6 janvier

On demande souvent pourquoi l’Eglise Arménienne marque la naissance du Christ le 6 janvier alors que pour les autres églises chrétiennes c’est le 25 décembre.
Voici quelques éléments de réponse : selon l’histoire des églises chrétiennes, la naissance du Christ était jusqu’au IVème siècle unanimement fêtée le 6 janvier ; ce jour-là ne marquait pas seulement la naissance de Jésus mais aussi la visite des rois mages, le baptême du Christ, etc… Ainsi la fusion de ces deux événements, naissance et baptême, s’expliquant par le texte suivant de l’Evangile selon Saint-Luc : « à cette époque. Il entrait dans sa 30ème année », c’est-à-dire que Jésus était baptisé le jour de sa naissance et que selon l’ancienne tradition chrétienne, la naissance et le baptême se pratiquaient le même jour.

Pourquoi et quand a donc lieu le changement de date ?

Comme nous le savons, la transition du paganisme au christianisme fut longue, une nouvelle religion ne s’imposant pas du jour au lendemain. Aussi les nouveaux chrétiens, bien qu’imprégnés de christianisme, ne voulaient pas se séparer brutalement de leurs traditions païennes. Dans les premiers temps de la chrétienté, le monde païen avait une fête très populaire : le culte du dieu Soleil, célébré le 25 décembre. Afin d’éviter que les nouveaux convertis soient privés de cette commémoration, les patriarches chrétiens firent glisser la naissance de Jésus du 6 janvier au 25 décembre, en donnant en même temps à l’ancienne fête païenne une nuance chrétienne : Jésus, Lumière du monde venant remplacer le dieu Soleil.
Le passage au 25 décembre fut donc décidé successivement par les différentes églises chrétiennes aux dates suivantes : en 336 pour Rome, en 379 pour Constantinople et en 386 pour l’église d’Antioche. Par la suite, en 451, au concile de Chalcédoine, le 25 décembre fut unanimement adopté par toutes les églises en tant que jour de naissance de Jésus. Les Arméniens, absents de ce concile en raison de la bataille d’Avaraïr (aussi connue sous les noms de bataille d’Avarayr, de Vartananc ou de Vartanantz), n’adoptèrent pas les décisions prises à Chalcédoine et conservèrent donc la date du 6 janvier pour Noël, restant ainsi fidèles aux traditions apostoliques du christianisme des premiers temps.

Le Noël Arménien du 6 janvier

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